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لبنان: تجدید حیات یک ملت [--، لوموند (فرانسه)، 25 اکتبر 2019] (اداره کل رسانه های خارجی، مترجم: سیده هاجر محسنیان)

در حالی که کشور در سال 2020 کشور لبنان صدمین سالگرد تاسیس لبنان بزرگ را جشن خواهد گرفت، ما شاهد تجدید حیات یک ملت هستیم.

لبنان: تجدید حيات یک ملت
1-از شهرهای شمال با اکثریت سنی تا جنوب شیعه و شرق مسیحی، صدها هزار لبنانی با همه فرقه ها هر روز به طور مسالمت آمیز تظاهرات می کنند و خواستار خروج نه تنها نخست وزیر بلکه همه طبقات سیاسی بی صلاحیت و فاسد و تغییر نظام هستند.
2-اعلام مالیات روز پنجشنبه هفدهم اکتبر بر تماس ها از طریق واتساپ یک جرقه بود.
3-در لبنان موضوع شورش علیه فرقه گرایی مطرح است، این سیستم تقسیم قدرت ناشی از جنگ داخلی که جامعه را به چند دسته تقسیم می کند و شهروندان را در گروه ها محبوس کرده و حامی پروری و غارت قبیله ای اموال عمومی را نهادینه می کند. در این تظاهرات فقط پرچم لبنان به چشم می خورد و پرچم های دیگر وجود ندارد.
4-در حالی که کشور در سال 2020 کشور لبنان صدمین سالگرد تاسیس  لبنان بزرگ را جشن خواهد گرفت، ما شاهد تجدید حیات یک ملت هستیم.
5-اکنون پویایی جامعه مدنی با بی تحرکی طبقه سیاسی مواجه شده است. اصلاحات جاه طلبانه وعده داده شده از سوی نخست وزیر هیچکس را قانع نکرده است.
6-سخنرانی روز پنجشنبه میشل عون، رئیس جمهور، بی فایده بود و کشور همچنان فلج شده است.
7-در کشوری که دشمنی وجود دارد و رهبران سیاسی در هنر حفظ خود در قدرت خبره اند، نتیجه این شورش بی سابقه نامعلوم است.
8-قدرت و اشتیاق جنبش مردمی برای پشت سر گذاشتن موانع فرقه ای باید دمکرات ها و مدافعان لبنان قدرتمند و مستقل از جناح ها را خرسند کند.
منبع: اداره کل رسانه های خارجی

Liban : renaissance d’une nation
Éditorial
Le Monde
Editorial. Depuis une semaine, de grandes manifestations pacifiques agitent le pays pour réclamer le départ de la classe politique et un changement de système.
Publié hier à 10h08 Temps de Lecture 2 min.
Editorial du « Monde ». L’extraordinaire soulèvement populaire qui secoue le Liban depuis une semaine a de quoi troubler les observateurs habitués à ne considérer le pays du Cèdre que comme une chambre d’écho des convulsions du monde arabe. Des villes du Nord, à majorité sunnite, au Sud chiite, en passant par l’Est chrétien, des centaines de milliers de Libanais de toutes confessions manifestent quotidiennement et pacifiquement pour réclamer non seulement le départ du premier ministre, Saad Hariri, mais aussi celui de l’ensemble de la classe politique jugée incompétente et corrompue, et un changement de « système ».
L’annonce d’une taxe sur les appels passés via WhatsApp a été l’étincelle, jeudi 17 octobre. Son annulation n’a nullement apaisé la colère des manifestants qui, comme à Bagdad ou à Alger, protestent contre le dysfonctionnement ou l’absence de services fondamentaux comme l’eau, l’électricité et la santé, contre un chômage galopant, contre un Etat au bord de la faillite et la corruption de dirigeants agrippés au pouvoir. Le balai que brandissent certains protestataires symbolise clairement leur objectif : faire le ménage.
Dans le cas du Liban, il s’agit aussi d’une révolte contre le confessionnalisme, ce système de partage du pouvoir né de la guerre civile qui segmente la société, enferme les citoyens dans des communautés et institutionnalise le clientélisme et le pillage clanique de l’argent public. Dans les défilés, seul le drapeau national rouge et blanc frappé du cèdre est brandi, toute autre bannière étant absente. Spectacle jusqu’ici inimaginable, les manifestants de Tripoli, fief sunnite, manifestent en solidarité avec ceux, chiites, de Tyr, attaqués par les gros bras d’Amal, le parti chiite du président du parlement Nabih Berri.
Une issue incertaine
Trente ans après la fin de la guerre civile, nulle manifestation fractionnelle, mais le soulèvement spontané sans leader ni consigne partisane d’un peuple qui cherche à reprendre son destin en main. Alors que le pays célébrera, en 2020, le centenaire de la fondation du Grand Liban, Etat séparé de la Syrie née du démantèlement de l’Empire ottoman et placée sous mandat français, on assiste à la renaissance d’une nation.
Au-delà de l’émotion et du bonheur de ces heures historiques, où peuvent mener ces grandes retrouvailles du peuple libanais ? Pour l’heure, le dynamisme de la société civile se heurte à l’immobilisme de la classe politique. Les réformes ambitieuses promises par le premier ministre, dont la baisse de 50 % du traitement des ministres et des députés, une ponction sur les banques et l’aide aux plus pauvres, n’ont convaincu personne. Jeudi, le discours à la nation du président Michel Aoun, dénué d’annonces concrètes, a été perçu comme creux, et le pays reste paralysé.
Dans un pays où les armes ne sont jamais loin, où les animosités sont persistantes et les dirigeants politiques virtuoses dans l’art de se coopter et de se maintenir au pouvoir, l’issue de ce soulèvement inédit reste incertaine. La force du mouvement populaire, son ardeur à dépasser les barrières confessionnelles doivent réjouir tous les démocrates et les défenseurs d’un Liban fort et indépendant des clans qui exploitent ses divisions pour perpétuer leur pouvoir et leur prospérité. Personne ne comprendrait qu’après une insurrection aussi profonde et unitaire – des scènes de fraternisation avec les soldats dépêchés pour ramener l’ordre sont observées –, le pays, désormais réconcilié avec lui-même, redevienne comme avant.

 

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