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در شمال سوریه، بقای داعش با مرگ البغدادی [دلفین مینویی، فیگارو (فرانسه)، 2 نوامبر 2019] (اداره کل رسانه های خارجی، مترجم: سیده هاجر محسنیان)

در روزهای اخیر داعش با رهبر جدید حملاتش را افزایش داده است. شمال سوریه از زمان مرگ بنیانگذار داعش با موج بی وقفه ای از حملات مواجه شده است.

در شمال سوریه، بقای داعش با مرگ البغدادی
1-    در روزهای اخیر داعش با رهبر جدید حملاتش را افزایش داده است. شمال سوریه از زمان مرگ بنیانگذار داعش با موج بی وقفه ای از حملات مواجه شده است.
2-لینا خطیب،کارشناس مسایل خاورمیانه در اندیشکده چتم هاوس، می گوید: «اگرچه جنبش جهادی داعش به طور نمادین تحت تاثیر مرگ رهبر خود قرار گرفته است، اما هنوز امکاناتی برای ترغیب طرفدارانش به انتقام دارد.»
3-یکی از تیپ های ارتش ملی سوریه در راس لشکر 23  که در همه نبردها در برابر داعش بود، می گوید: «داعش تضعیف شده، اما توانمندی آسیب زننده اش همواره  وجود دارد. نباید کانون های خفته اش را دست کم گرفت.»
4-عقب نشینی امریکا در هفته های اخیر و پس از آن حمله ترکیه به شمال سوریه، آسیب پذیری این منطقه را افزایش داد و اتحادهای متناسب با شرایط منجر به بقای داعش شد.
5-گروه حراس الدین که با جدایی از سازمان حیات تحریرالشام به وجود آمد، با حمایت از بغدادی در زمانی که فراری بود، گرایش جدید خود را اعلام کرد. یکی از مخالفان سوریه هشدار داد: «پس از هشت سال جنگ، بی ثباتی سیاسی همچنان تروریست را تقویت می کند. برای پایان دادن به داعش کافی نیست که خود را از شر بغدادی خلاص کنیم. باید به منشاء مشکل یعنی بشار اسد حمله کنیم.»
منبع: اداره کل رسانه های خارجی

 

Dans le nord de la Syrie, Daech survit à la mort d’al-Baghdadi
L’État islamique, qui a un nouveau chef, a multiplié les attentats ces derniers jours.
Par Delphine Minoui
Publié le 1 novembre 2019 à 21:07, mis à jour hier à 11:56
 
Il a pris une grande inspiration avant de s’exprimer. «La peur! La peur! Je n’en peux plus de vivre avec la peur», lâche Mohammed, via WhatsApp, encore sonné par l’attentat qui a frappé sa ville. Ce jeudi matin, il est aux environs de 5h30 quand Afrine (nord-ouest syrien) se réveille en sursaut au bruit d’une énorme explosion.
Les images inondent aussitôt le portable du jeune fonctionnaire syrien: corps défigurés, cageots de pommes renversés, lambeaux de chaussures échoués dans une flaque de sang. Un camion chargé d’explosifs détone en plein milieu d’un marché, en tuant au moins dix personnes. L’attaque, inhabituelle dans cette localité sous contrôle étroit des supplétifs syriens de l’armée turque, n’a pas été revendiquée. Mais tous les regards se tournent vers l’organisation de l’État islamique. «Si Abou Bakr al-Baghdadi est fini, la menace de Daech est toujours bien vivante», déplore Mohammed.
Les populations locales ont été témoin des décapitations, de la dérive extrémiste de Daech. Elles ont été victimes du racket imposé par le prélèvement de taxes. Aujourd’hui, les gens sont fatigués
Le colonel Hassan ¬Rajoub
Comme un sinistre jeu de dominos où les explosifs ont remplacé les cartes, le nord de la Syrie connaît une vague ininterrompue d’attaques depuis la mort du fondateur de l’EI. Dans la même journée de jeudi, une personne a été blessée à Sarmine, dans la province d’Idlib, par une bombe artisanale. À al-Raï, dans la région d’Alep, c’est une moto qui a explosé.
Si la mouvance djihadiste est symboliquement affectée par la disparition de son maître, dont le remplaçant, Abou Hamza al-Qourachi, vient d’être nommé, «elle a encore les moyens d’encourager ses partisans à la revanche», observe Lina Khatib, spécialiste du Moyen-Orient au sein du think-tank Chatham House.
Finie l’époque où l’organisation, créée en 2014, rêvait d’établir un califat à cheval entre la Syrie et l’Irak. Fini aussi le temps où le contrôle de certaines installations pétrolières lui permettait de payer grassement ses combattants. «Ses places fortes, c’est-à-dire les deux “capitales” -Mossoul en Irak et Raqqa en Syrie- ont été reconquises par la coalition sous égide des États-Unis avec le concours actif des milices kurdes», observe, dans une note, Didier Billion, directeur adjoint de l’Iris.
Daech, qui a perdu de nombreux combattants lors des différentes offensives, peine également à attirer de nouvelles recrues parmi les civils. «Les populations locales ont vu son vrai visage. Elles ont été témoin des décapitations, de la dérive extrémiste. Elles ont été victimes du racket imposé par le prélèvement de taxes. Aujourd’hui, les gens sont fatigués», remarque le colonel Hassan Rajoub, contacté par téléphone dans la partie de la province d’Alep encore sous contrôle de l’opposition.
Ne pas sous-estimer les cellules dormantes
À la tête de la Division 23, une des brigades de l’Armée nationale syrienne (coalition de groupes issus de l’Armée syrienne libre, anti-Assad), il a été de toutes les batailles contre Daech, «une organisation affaiblie, dit-il, mais dont la capacité de nuisance est toujours de mise». Pour lui, il ne faut pas sous-estimer les cellules dormantes.
«Nous restons en état d’alerte maximale. De nombreux djihadistes sont entrés dans la clandestinité après avoir fui les zones qui leur ont été reprises. Nous avons renforcé les contrôles à l’entrée de la province d’Idlib, où sont arrivés de nombreux déplacés. Des membres de Daech peuvent se dissimuler parmi les civils», prévient-il.
L’élimination, le week-end dernier, de Baghdadi dans une bourgade d’Idlib en est l’illustration flagrante. «Qui aurait pu imaginer qu’il atterrisse dans un petit village frontalier de la Turquie? C’est la preuve que nul n’est en mesure de surveiller les allées et venues dans cette région poreuse aux multiples acteurs», observe, depuis la ville de Jarjanaz, l’avocat syrien Mohammed Salameh, en accusant Damas de «complicité tacite» avec Daech. «Souvenez-vous, poursuit-il, de ces 400 combattants de l’EI transférés, il y a un an, par les soldats du régime de la province de Deir ez-Zor à celle d’Idlib. Certains ont été arrêtés. D’autres sont encore dans la nature.»
Ces dernières semaines, le retrait américain suivi de l’offensive militaire turque dans le nord de la Syrie n’ont fait qu’aggraver la vulnérabilité de cette région où les alliances à géométrie variable sont également propices à la survie de Daech.
Le groupe Hourras al-Dine, né d’un divorce avec l’organisation Hayat Tahrir al-Cham (ex al-Qaida), concurrente principale de Daech dans la zone, a ainsi ouvertement affiché son nouveau penchant en apportant un soutien logistique à Baghdadi lors de sa cavale. «Après huit ans de guerre, l’instabilité politique continue à alimenter le terroriste. Pour en finir avec Daech, il ne suffit pas de se débarrasser de Baghdadi. Il faut s’attaquer à la source du problème: Bachar al-Assad», prévient l’opposant syrien Zakari Malahafji.
https://www.lefigaro.fr/international/dans-le-nord-de-la-syrie-daech-survit-a-la-mort-d-al-baghdadi-20191101

 

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